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Wednesday, May 24, 2017

Le Mont Emeraude de Mansoura Ez-Eldin




Elodie Kempenaer

13 Mai 2017







auteur : Mansoura Ez-Eldin
édition : Actes Sud
sortie : janvier 2017
genre : roman




Dans un Caire encore marqué par la révolution, Bustân al-Bahr cherche à ressusciter la princesse Zomorroda du mont Qâf. Son histoire s’est perdue, au fil du temps, dans les Mille et une Nuits, de conteurs en conteurs, la princesse du mont Qâf a été déformée puis finalement oubliée de presque tous. Il reste les descendants du mont Émeraude, qui cherchent à retrouver leur patrie d’avant. Dans sa recherche, Bûstan entrelace les histoires et emporte avec elle la jeune Hadir dont le destin est étroitement lié à celui de la princesse.

Le Mont Emeraude (le mont Qâf) mêle très joliment une narration enchâssée et en miroir à une narration très contemporaine. Tout et tous se font écho et l’histoire se déroule devant nos yeux comme une rivière à méandres qui aurait le pouvoir de remonter son court pour dévier et revenir d’où elle était partie. Bustân est la Shéhérazade moderne qui tient entre ses mains les personnages et qui en est en même temps dépendante. Esclave d’une légende, d’un mythe qu’elle doit faire renaître.
A qui aime la culture arabe, à qui aime les contes et merveilles, à qui aime des personnages mystérieux, puissants, à qui aime voir se mêler le réel d’une révolution arabe et l’enchantement d’une montagne d’émeraude ou d’une terre des fées, ce livre est le livre idéal.

Dans la mystique musulmane, et dans bien d’autres, le motif de la montagne est un motif récurrent censé représenter l’élévation spirituelle, souvent aussi lieu de révélations mystiques. Le mont Qâf est la montagne sacrée, l’axe du monde mais aussi son centre, son origine sacrée, le point d’accomplissement de chaque personnage de ce récit.

D’une écriture simple, Mansoura Ez-Eldin nous transporte dans un monde magique et tragique où se mêlent la beauté des pierres précieuses et celle de vies brisées par une soif d’absolu. Et alors que tout s’écroule et que la boucle semble bouclée, l’histoire se retourne sur elle-même et elle nous laisse avec autant de questions que nous avions au début.

Le Suricate




À la recherche de la nuit perdue




Par Katia Ghosn


Jabal al-Zumurreud (2014, Dar al-Tanwir) de l’auteure égyptienne Mansoura Ez-Eldine, qui a remporté le prix du roman du Salon du livre de Sharja, paraît dans sa traduction française, Le Mont Émeraude (2017), chez Actes Sud-Sindbad. L’auteure, diplômée de la faculté de journalisme de l’Université du Caire, est chroniqueuse littéraire à l’hebdomadaire Akhbar al-adab. Elle publie deux recueils de nouvelles : Ḍaw’ muhtazz (2001, Lumière tremblante) et Naḥwa-l junūn (2013, Vers la folie). S’ensuivent deux roman, Matāhat Maryam (2004, Le Dédale de Maryam), traduit en anglais par les éditions de l’Université américaine du Caire et Warā’a-l firdaws (2009, Au-delà du paradis). Ce dernier fut sélectionné sur la liste courte de l’édition 2010 du prix Booker arabe. Le Mont Émeraude déroule les fils de deux quêtes initiatiques, celle de Bustān al-baḥr déterminée à restituer la forme originelle du conte de Zumurruda (émeraude) dont on trouve la trace dans les Mille et une nuits et qui serait le conte préféré de Schéhérazade, et celle de Hadīr, une jeune Égyptienne qui vit aujourd’hui au Caire, dont la vie se transformera en destin à la suite de la perte d’une émeraude durant l’enfance. À travers le récit en miroir des deux personnages, les temporalités et les lieux s’imbriquent et l’imaginaire collectif ne laisse pas de se répercuter sur les représentations individuelles : « Nous ne sommes pas d’aujourd’hui, ni d’hier ; nous sommes d’un âge immense », comme dirait Jung.

Comment l’histoire de Zumurruda est-elle née ? 

L’histoire de Zumurruda, fille de Nursīn et du roi Yāqūt, est le fruit de mon imagination. Le point de départ est ma fascination pour le mont Qāf, cette montagne mythique encerclant la terre, évoquée dans une exégèse du Coran référée au théologien andalou Al-Qurṭubī (1214-1273) et dans le conte de Hasīb Karīm al-Dīn des Mille et une nuits. Dans mon roman, j’ai voulu mêler l’élément magique à la réalité contemporaine. J’ai voulu également creuser le rapport paradoxal de l’original ou l’authentique avec ses multiples copies ainsi que les rapports de l’oral et de l’écrit. 

Pourquoi ce retour aux Mille et une nuits ? 

Ma relation aux Nuits a commencé bien avant que je ne connaisse l’existence de cette œuvre qui fait partie de notre imaginaire populaire. Plus tard durant mes études universitaires, je l’ai lue et étudiée. C’est alors que j’ai découvert que beaucoup d’histoires racontées par les adultes ainsi que nombre de séries télévisées avaient leur source dans les Nuits. Mais ma recherche approfondie sur les Mille et une nuits a coïncidé avec l’écriture de ce roman. Le début de ce projet coïncide également avec les événements qui ont secoué l’Égypte en 2011 et 2012. J’étais déprimée et affectée par la tournure que prenaient les événements, la mort qui fauchait les gens par centaines. Un sentiment d’impuissance s’est emparé de moi et je me suis réfugiée dans l’écriture. Je me suis plongée dans les Mille et une nuits de façon quasi inconsciente, comme si le récit pouvait, à la manière de Schéhérazade, nous sauver de la mort. Ce retour a rétabli ma confiance dans le pouvoir des mots et de la parole après que l’impact inouï de violence m’en eut fait douter.
Les légendes et les archétypes, de la même façon qu’ils transforment l’existence individuelle en destin, déterminent-ils votre écriture ?

Je crois profondément que les légendes et les mythes collectifs marquent de façon indéniable la psyché humaine. Cette influence ne constitue pas pour autant une fatalité insurmontable. À travers ses actes et ses choix, l’homme peut influer sur son propre destin. En plus d’être imprégnés par les archétypes populaires, mes écrits sont intimement liés à mes rêves et cauchemars. Le réel est lui-même surréel ; en tenir compte est une source de créativité.

Comment expliquer la réception des Mille et une nuits par la littérature contemporaine ?

La puissance de l’imaginaire évoqué par les Nuits, la richesse inépuisable de ses thématiques ainsi que le fait d’être au confluent de plusieurs cultures rendent les contes toujours fascinants. C’est une œuvre ouverte à l’infini : on y revient toujours, avec le même plaisir et la même curiosité parce qu’aucune interprétation n’en épuise la richesse. On ne se lasse pas du style narratif des Nuits qui est une véritable merveille orientée vers l’exubérance et le plaisir, tant du côté des narrateurs que de celui des lecteurs. Sans sous-estimer les superbes constructions formelles appréciées des érudits ou la profonde sagesse qui est contenue dans les Nuits, il n’en demeure pas moins pour moi, que le secret de leur beauté réside surtout dans leur style narratif inégalé. 



Vous dites que c’est un des livres les moins compris…

Les Nuits ne se résument pas à quelques schémas figés ; les récits exigent des lectures multiples et renouvelées. Prenons, par exemple, la représentation de la femme qui y est véhiculée. Souvent associée à des traits négatifs ou maléfiques, elle est aussi le symbole de la sagesse et de l’intelligence. De même, la relation entre Schéhérazade et Shahrayār n’est pas réductible à un rapport de pouvoir entre les sexes ; c’est aussi la manifestation des liens complexes entre l’intellectuel et l’autorité. L’idée sous-tendue par toutes les Nuits se résume à mon sens à celle-ci : la libération par la connaissance. 

Le roman abandonne-t-il, à la fin, la recherche originelle du conte ?

La narratrice cherchait moins à retrouver le texte originel du conte qu’à surtout détecter et explorer les ajouts et les déformations que conteurs et copistes avaient introduits au fil du temps ; sa quête consiste à combler les lacunes du récit afin de le ressusciter. En voulant s’acquitter de cette mission, la narratrice fait revivre la puissance magique des mots, questionne l’étrange et le merveilleux et se pose en légitime concurrente de Schéhérazade.

Quelles influences traversent votre écriture ? 


Il est difficile de dégager des influences bien déterminées. Je crois que l’héritage religieux et métaphysique a participé à ma formation ainsi que la culture populaire en Égypte. J’ai passé mon enfance, dans les années 80, dans un village de la région du Delta où les histoires des fantômes et des djinns qui hantent le Nil ne sont pas considérées comme des événements merveilleux mais comme des éléments de la vie quotidienne. Les histoires les plus étranges sont ordinaires et ne suscitent pas d’interrogations. La coexistence de ces deux mondes n’a rien de contradictoire. J’ai aussi une dette littéraire envers des auteurs comme Borges, Carlos Fuentes, Julio Cortázar, Italo Calvino, ou à Farid-al dīn al-‘Aṭṭār ou Al-Mutanabbī. Il me plaît d’ailleurs d’imaginer que l’ombre d’Abū al-‘Alā’ al-Ma‘arrī plane d’une certaine façon sur le Mont Émeraude.

L'Orient Literaire

Wednesday, January 18, 2017

Le Mont Émeraude









Sindbad/Actes Sud
« Mondes arabes »

Mansoura Ez-Eldin
Le Mont Émeraude
Roman traduit de l’arabe (Égypte) par Stéphanie Dujols


2011, Le Caire, peu après la révolution. Enfermée dans son appartement, une femme, Bustân al-Bahr, cherche à ressusciter Zomorroda, princesse du mont Qâf, dont le récit maudit aurait été déformé puis délaissé par les conteurs des Mille et Une Nuits. Recueillant cette légende perdue, elle en recoud la trame, la rapièce, l’épure, tout en l’entrelaçant avec l’histoire de Hadir, une jeune Égyptienne d’aujourd’hui qui se retrouvera embarquée dans l’aventure, dans un va-et-vient permanent entre les temps et les lieux, mais où les personnages, qu’ils viennent du fond des siècles ou évoluent autour d’elle, se ressemblent dans leur errance, leur choix de la marge ou de l’ailleurs, leur quête obstinée.

Les Mille et Une Nuits ont toujours été un trésor d’inspiration pour les écrivains du monde entier, y compris, bien sûr, ceux du monde arabe, qui les ont adaptés à l’intention des publics jeunes ou adultes, mais ont aussi mené un “dialogue” subtil avec la matière littéraire et philosophique qu’ils recèlent.  Dans ce roman, Mansoura Ez-Eldin croise à merveille ce qui est propre aux Nuits (l’étrange, le fantastique le plus échevelé, le récit à tiroirs) et une recherche narrative tout à fait contemporaine.

Mansoura Ez-Eldin est née en 1976 dans le Delta (Égypte). Journaliste littéraire à l’hebdomadaire Akhbar el-adab, elle est l’auteur de deux recueils de nouvelles, Lumière tremblante (2001) et Vers la folie (2013), et de trois romans: Le Dédale de Maryam (2004, traduit en anglais), Au-delà du Paradis (2009, nominé pour le Booker Prize arabe et traduit en allemand et italien), et Le Mont Émeraude (2014, prix du roman du Salon du Livre de Sharja).

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Monday, March 21, 2016

En écrivant, je me trouve face à face avec mes angoisses. C’était mon propre moyen de les comprendre et par suite les affronter





Rania Hassanein



Par le billet de l'imagination, du mystérieux et du fabuleux, la romancière et journaliste Mansoura Ez EL Din s'est forgée une prestigieuse place sur la scène littéraire égyptienne. De plus, elle a été parmi les rares écrivains arabes à franchir le champ culturel international.
Calme, souriante et douce, l'écrivaine et journaliste égyptienne Mansoura Ez EL Din est sure de ses pas. Très confiante en soi même, ne dépassant pas les 40 années, elle a réussi en peu de temps de graver son nom sur la scène littéraire. Avec la même sureté, elle a tout de même commencé à  réaliser une renommée littéraire à l'étranger. Elle a publié jusqu’à présent, trois romans et deux recueils de  nouvelles, qui, grâce à son écriture éloquente,  innovatrice, et fabuleuse, ont, pour leur plupart, été traduits à environ 12 langues étrangères. Un de ses romans Waraa Al Fardous (Au-delà du paradis) publié en 2009, chez  édition AL Ain, a été sélectionné en l'an 2010 dans la courte liste du prix du Booker arabe et a été traduit en 2011 a l'italien ( Piemme- Monadori) et l'allemand  ( Unions Verlag). De même, pour son roman Matahet Mariam (le labyrinthe de Mariam) publié en l'an 2004 par l'Organisme  arabe des études et de publication, qui lui a aussi a été traduit vers l'anglais  à travers l'Université Américaine du Caire ( AUC) ( Mayram's Maze) en 2007.
 Actuellement, son dernier Roman  Gabal AL Zomorrod (Le Mont d'Emeraude) qui a obtenu en l'an 2014, le prix du meilleur roman arabe, au 33 e  Salon de livre à  Charjah  est en cours de traduction vers la langue française par le traducteur Stéphanie Dujols , chez  la maison d'édition Actes Sud. " C'est le travail qui s'impose s'il est bien écrit et attirant. En plus, s'il dépasse les origines de l'écrivain, il réussit ainsi à franchir de nouveaux horizons et par la suite gagner des lectorats à l'étranger." Assure l'écrivaine.
Tout un monde fabuleux et mystérieux  est esquissé par la plume de Mansoura. Possédant un esprit vif, le réel et l'imagination s'entremêlent laissant le lecteur épris par un nouveau monde créait  par la romancière. De même, les rêves, les fantômes, les tourmentes,  les hallucinations  et les labyrinthes  de l'esprit humain dominent ses œuvres. En 16 octobre 2009, Mansoura Ez EL Din a été sélectionnée au Bierut 39 (Un projet littéraire en collaboration avec l'entreprise non profitable  The Hay Festival et la Foire international du Livre de Bierut  dont l'objectif est de  sélectionner 39 meilleurs romanciers du monde arabe qui ont moins de 39 ans.) Son recueil de nouvelles Nahwa LE Gounoun ( Vers la folie)( Dar Merrit,2013) a été lui aussi couronné meilleur recueils de nouvelles à la Foire International du Livre du Caire en l'an 2014.
Bien placée dans son milieu  préféré, elle occupe depuis l'année 2014, le poste de l'adjoint du rédacteur en Chef à la Revue littéraire Akbar AL Adab et est responsable de la rubrique du Book Review et de l'annexe mensuel Bostan AL Kotab ( Le jardin des livres). Un poste qui  s'enchaine naturellement avec son style de vie. Vivre entre les livres est un hobby qui  lui a été toujours familier. Son appétit pour la lecture a commencé à l'école, dès ses premières années primaires. Elle a été attirée, en premier lieu, par la lecture des romans étrangers traduits vers l'arabe, puis par ceux arabes. Elle a fait connaissance avec les livres de Charles Dickens, lu les Confessions de Jean Jacques Rousseau, Les  écrits de Tolstoy, la série connu sous le nom Ketabi (mon livre) de livres étrangers traduits vers l'arabe de l'écrivain Helmy Mourad, à travers laquelle, elle avait  lu par exemple Anna Carenina etc.. "Je notais les noms de ces livres et j'allais les cherchais de la grande Bibliothèque du gouvernorat de Tanta. Pendant cette période, la littérature étrangère m'a fascine et m'a module l'esprit. J'étais tout à fait habituée par les noms des héros étrangers par leur style de vie ce qu'ils aiment, ce qu'ils mangent etc…"
En parallèle, Le Journal AL Ahram qui regroupait à cette époque d'éminents écrivains tels Tawfik AL Hakim, Naguib Mahfouz, Louis Awad, Anis Mansour, Youssef Idriss, parmi autre, était son billet vers l'ouverture à la littérature et la pensée arabe.
 De même, sa naissance dans un simple village dans le gouvernorat de Delta à AL Garbeia avait une très grande influence sur sa carrière. " Mon village était petit mais très beau. Entouré par les splendides arbres de  prune et de goyave, les adorables couleurs et odeur de fruits , que j'examinais chaque jour, en parcourant mon chemin à pieds, avec mes collègues, pour arriver à mon école dans un autre village voisin, m'a beaucoup enrichit l'esprit d'imagination" se souvient  Mansoura. "Vivre tout près du Nil a engendre chez moi, tout un patrimoine culturel très enrichi par les histoires répétées de ma grande mère et mon grand-père sur les fantômes et les djinns du Nil." Un mode de vie particulier qui avait comme même quelque influence négatif sur elle. Tels histoires, le sombre  et le calme qui entouraient toujours le village a l'exception de quelques cris de bêtes et oiseaux,  ont créé chez elle un sentiment de peur qu'elle n'arrive pas à s'en débarrasser jusqu’à présent. Un sentiment qui a été accentué par la perte de son père à l'âge de neuf, par sa mort.  " J'ai été choqué par l'amertume du destin et j'ai découvert la fragilité de la vie qui peut s'achever dans un clin d'œil. Je ne pouvais pas supporter sa mort, je me laissais tout le temps créait des scénarios de sa présence. Je le sentais toujours à cote de moi. " Des sentiments qui se sont reflétés très clairs ensuite dans ses écritures.
Un sentiment de perte qui a été compensé par la présence de sa mère qui l'encourageait toujours à se distinguer et faisait sortir d'elle le mieux. C'est cette mère qui a accepté la décision de Mansoura la jeune fille qui une fois avait terminé ses années d'écoles, a décidé de se détacher de la famille et aller à l’âge de 18 ans, au Caire pour suivre ses études universitaires. Elle a opté pour le journalisme à l'université du Caire. " J'étais la seule fille dans mon village à choisir de vivre loin de ma famille. Même durant les vacances d'été je préférais rester au Caire pour s'entrainer dans des journaux et être proche des conférences littéraires et  des lieux de rencontres avec les écrivains et romanciers. " assure-t-elle.
Pas à  pas, La romancière a commencé à écrire et ceci s’est réalisé, durant son étude universitaire. " J'ai lu par pure coïncidence une nouvelle publiée pour une jeune fille marocaine dans une revue arabe littéraire qui est diffusée de Londres. Je me suis dit alors que je peux moi-même écrire mieux que ça." Elle s'est mis à écrire une nouvelle et l'a envoyé au courrier des lecteurs à le Revue Ibdaa dont son rédacteur en chef à  cette époque était le poète Ahmed Abel Mooti Hegazi.   " Tout à fait surpris,  je l'ai trouvé publie tout de suite au numéro suivant. Très bien reçue et appréciée, je leur ai envoyé d'autres qui étaient à leur tour publiées dans la même rubrique." S'exalte –elle.
Malgré ce succès, Mansoura quand elle était toujours étudiante a la faculté du Caire,  avait toujours peur de prendre plus de démarches sérieuses dans sa voie d'écriture. " C'était parce que j'ai beaucoup lu de littérature arabe et étrangère, je savais que j'étais toujours à mes débuts et que mes écritures n'ont pas encore atteint mon standard espéré." Un de ses collègues à l'université, Ahmed Hamed qui se présentait chaque année, au concours de L'université par ses nouvelles et qui gagnait souvent, lui avait présenté une de ses nouvelles au non Lakhta (Prise de vue) sans lui dire. A sa grande surprise, c’était elle qui a  gagné  cette fois ci et sa nouvelle a été sélectionnée meilleure nouvelle sur le niveau de l'université du Caire, puis sur le niveau de toutes les autres universités de L'Egypte.
Si elle était douée, elle avait aussi de la chance. Le destin lui avait préparé une rencontre avec son écrivain préféré, Mohamed El Bossati. Elle avait l'opportunité de le rencontrer quand elle était toujours étudiante, pour une interview au compte de la revue la voix de l'université publiée par le département d'Information. " Al Bosati a été étonné que malgré mon jeune âge j'avais lu tous ses œuvres et m'a demandé les miens sans que je lui avais avoue que j'en avais, mais il était certain  que j'en ai " A son tour, appréciant son travail,  il l'a envoyé une nouvelle auprès de l'écrivain Ibrahim Aslan qui la a son tour publie dans sa revue  AL Hayat diffusée de Londres. En effet, sa connaissance avec Mohamed AL Bossati a été un événement tournant dans sa carrière. Il lui a guide, emprunté les romans, et nouvelles clés, arabes et étrangères  et lui a fait connaissance avec d’autres éminents écrivains comme entre autres, Bahaa Taher, Gamal AL Guitani et son épouse  Magda EL Guendi  avec  qui elle s'est entrainée certain temps a la revue RosalYoussef avant de rejoindre Akbar AL Adab et travailler avec Gamal Al Guitani.  Ainsi, elle a commencé à se connaitre comme une des jeunes écrivains promettant.
Mais comme même, si elle avait la chance de rencontrer des gens qui lui ont soutenu, il y  avait toujours d’autres qui l’ont découragé et qui pouvaient affecter son futur d’écrivain. « Très jeune, durant ma phase primaire j’ai fait face à un professeur d’arabe qui n’a pas cru que c’était moi qui avait rédigé mon récit de rédaction et m’a obligé d’avouer que c’était mon frère ou ma  sœur qui me l’ont écrit. Pas moyen, de peur d’être puni, j’étais oblige à lui avouer devant toute la classe, que ce n’était mon travail. Un sentiment d’injustice et de tyrannie demeure toujours de cette expérience »  se souvient la romancière.
Toujours le seul moyen d’affronter ses faiblesses et ses peurs c'était d’écrire.
«  En écrivant, je me trouve face à face avec mes angoisses. C’était mon propre moyen de les comprendre et par suite les affronter »avoue-t-elle. Choisir d’écrire sur le passé et non pas le présent est un de ses moyens pour traiter des événements politiques que fait face le pays et plutôt la région arabe, mais d’une façon implicite. Epris par Les contes de Mille et une Nuit, elle a décidé d’inventée une histoire inspirée d’elle et portant les noms de ses héros, pour l’ajouter à ce fabuleux conte légendaire. Ainsi, a résulté le Conte du Mont D’Emeraude. En 2012, quand elle avait écrit ce roman, juste une  année après la Révolution du 25 janvier, les évènements perturbés en Egypte et au monde arabe, lui ont affecté et l’ont fait perdre confiance dans le pouvoir d’écriture à s’échapper du destin misérable de la région. «  Mais c’était grâce à la relecture des contes des Mille et une nuit que j’ai découvert le pouvoir de ses anecdotes qui sauvaient la vie de ses héros et par la suite affronter les pouvoirs absolus et tyranniques des régimes de cette époque. Ainsi j'ai décidé d’inventer la mienne ».Par le billet de ce roman, elle a traité de l’Egypte et de la région arabe, d’après les  Révolutions du printemps arabe,  en liant le présent au passé pour avoir deux héroniennes et deux destins simultanés qui se coïncident. Sa mission était d'épurer l'histoire des Mille et une nuits de toute digression en se donnant le droit de rectifier ou de compléter certains passages.
L’écriture mystérieuse, fabuleuse, l’illustration des images de meurtres, de folies et de misère de ses personnages sont les propres outils de Mansoura Ez El Din  pour incarner l’état d’une société instable et mettre en relief sa vision vis-à-vis d’elle.
"L’écrivain doit être comme le personnage d'Alex aux pays des merveilles. Il  doit toujours faire travailler tous ses sens en but d'être capable d'assimiler toutes les changements qui lui entourent et ainsi, créait une littérature dissemblable." S'explique Mansoura.
C'est par son arme d'imagination enrichie par ses multiples voyages de par le monde, que Mansoura a réussi son rêve d'écrire. Entre les lignes de son roman Waraa Al Ferdows, elle s'est bien identifiée face à ses lecteurs en disant à travers son héros Salma :" Je suis la perfectionniste  jusqu'au bout de mourir, à mélanger les évènements par les illusions, les vérités par les  incertitudes  et la vivante avec un esprit  confus". Elle a ajouté aussi qu'elle ne savait pas qu'une fois grandie que cela sera son mission. Mais ça l'était par excellence.
Pourtant, elle est annexée des contraintes imposées dernièrement,  à la liberté d'expression et qui amènent au verdict de prison des intellectuels et des penseurs surtout après deux importantes révolutions. Elle soutient  son collègue le romancier Ahmed Naqui, de même que l'écrivaine Fatma Naoout et le penseur Islam AL Beheri . " Créer une ambiance terrifiante aura des répercussions très négatives  sur toute l'Egypte et sa renommée culturelle surtout à l'étranger. Le seul moyen est de discuter et analyser tout avis par d'autres avis simultanés "répète –elle.


Jalons:
1976: naissance à Al Delta , Gouvernorat AL Garbeia
1998: Licence de Journalisme de L'Université du Caire
2001: Publication de son premier recueil de Nouvelles " Doua Mouhtaz" ( Lumière frémissante), Dar Merit .
2004: Publication de son premier roman Matahet Maryam par l'Organisme  arabe des études et de publication.
2009: Sélection de son nom au Beirut 39,  parmi les éminents écrivains arabes de moins de 39 ans.
2010: Son deuxième roman Waraa Al  Ferdaws  atteint la courte liste du prix Booker.
2014: Son recueil de nouvelles Nahwa AL Gounoun ( Vers la folie) reçoit le prix du meilleur recueil de nouvelles a la foire égyptienne International du Livre
2014: Son dernier Roman Gabal AL Zomorrod (Le Mont d'Emeraude) reçoit le prix du meilleur roman de la Foire international du Livre d'AL Charjah  et il est  en cours de traduction vers la langue française par Actes Sud.